Test Syncros Capital SL 40 sur Scott Addict Ultimate
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Test Syncros Capital SL 40 : la roue monobloc vaut-elle 4000€ ?

Test terrain  ·  2000 km  ·  Schwalbe Pro One 30 mm

Syncros Capital SL 40

Profil 40 mm  ·  Carbone monobloc MWS  ·  Disque Centerlock

7.3 Note / 10
Scores détaillés
Fabrication & finition
9.5/10
Montage & installation
9/10
Réactivité (relance)
9.5/10
Aéro & vitesse
7/10
Confort & filtration
4/10
Rapport qualité/prix
5/10
Pour
✓Finition exceptionnelle, jonctions rayons/jante superbes
✓Légèreté et vivacité redoutables dès que la route s’élève
✓Relances tranchantes à 40-50km/h
✓Montage tubeless d’une grande simplicité
✓Profil de 40mm rassurant en descente, même avec du vent
Contre
✗Confort insuffisant : trop de vibrations transmises
✗Peu d’inertie ressentie sur le plat à allure modérée
✗Roue irréparable en cas de rayon cassé
✗Programme après chute peu protecteur à ce tarif
✗Moyeux DT 240 et roulements acier : très classique à ce prix

Pour ce test Syncros Capital SL 40, il faut revenir au point de départ. Quand Syncros a dévoilé les Capital SL à l’été 2023, la fiche technique tenait en un chiffre : 1170g la paire pour un profil de 40mm. Mais le vrai sujet était ailleurs. Jante, rayons carbone et flasques de moyeu sont moulés d’une seule pièce, sans écrou de rayon, sans réglage de tension possible. Une approche radicale, facturée 3999,80€ la paire. Le genre de promesse qui mérite d’être vérifiée loin des communiqués, et surtout sur la durée.

Au total, 2000km ont été parcourus sur tous les types de parcours, des plaines de l’Ain aux cols du Vercors, sur des routes rugueuses comme sur de vrais billards. Le vélo d’essai est un Scott Addict Ultimate équipé en SRAM Red AXS, chaussé de Schwalbe Pro One en 30mm (30,4mm mesurés sur la jante) gonflés entre 3,5 et 4 bars, d’abord avec des chambres TPU Aerotan, puis en tubeless. Les repères de comparaison ne manquent pas : Corima MCC 45, DT Swiss ERC 1100 et Newmen Streem Allround Vonoa, entre autres paires passées sur mes vélos ces derniers mois.

Présentation et prise en mains

Jante Syncros Capital SL 40 carbone sans crochets et pneu Schwalbe Pro One
Les Syncros Capital SL 40 : jante, rayons et flasques de moyeu ne forment qu’une seule pièce de carbone.

Posées sur la balance, les Syncros Capital SL 40 affichent 1202g valves tubeless comprises, contre les 1170g annoncés par Syncros (540g pour l’avant, 630g pour l’arrière). Un écart de 32g que les valves expliquent en bonne partie. Pour un profil de 40mm, c’est tout simplement l’une des paires les plus légères du marché.

Le premier contact surprend, même quand on connaît la fiche technique. 16 rayons carbone à l’avant comme à l’arrière, croisés une fois et fusionnés entre eux à leur intersection, partent d’un moyeu au diamètre réduit. Il n’y a aucun écrou en bout de rayon : la liaison avec la jante se fait par une transition carbone continue. Et c’est là que ces roues impressionnent. La finition est tout simplement impeccable. Les jonctions entre rayons et jante sont magnifiques, les courbes s’enchaînent sans rupture du moyeu jusqu’au bord de jante, et le design ne ressemble à aucune autre roue. La surface s’est par ailleurs montrée plutôt solide face aux accrocs : elle ne marque pas rapidement. Un vrai bijou, et pour une fois, le niveau d’exécution est à la hauteur du tarif demandé.

Côté jante, le profil de 40mm s’accompagne d’une largeur interne de 25mm, sans crochets. Syncros a développé ces roues avec Schwalbe, qui a créé pour l’occasion le Pro One Aero, décliné en version avant (orientée aérodynamique) et arrière (orientée résistance au roulement), en 28mm uniquement. Je ne l’ai pas utilisé : mon test s’est fait en Pro One classique 30mm. Les moyeux reprennent les mécaniques DT Swiss 240 avec roue libre Ratchet EXP, dans un corps spécifique collé dans la structure carbone. Le corps de cassette est proposé en Shimano HG ou SRAM XDR selon les marchés, et le freinage est en Centerlock.

Le Monocoque Wheel System : ce que la marque ne dit pas assez clairement

Roue Syncros Capital SL carbone monobloc Monocoque Wheel System
Jante, rayons et flasques de moyeu : une seule pièce de carbone. (Image : Syncros)

Le procédé MWS n’est pas nouveau chez Syncros : il a été inauguré en 2018 sur les roues VTT Silverton SL. Sur les Capital SL, le principe a été affiné. Les rayons courent d’un bord de la jante à l’autre en passant par le moyeu, et l’ensemble est moulé en une seule cuisson en carbone Toray T1000 et M40. La tension n’est pas obtenue par vissage d’écrous : c’est l’insertion de la partie centrale du moyeu après cuisson qui écarte les flasques et met les rayons sous tension. Syncros parle d’un « pré-étirage » qui garantit une tension identique sur tous les rayons, et revendique des rayons carbone 35% plus résistants que des rayons acier.

Les chiffres annoncés sont ambitieux : environ 7% de traînée en moins face à une roue de référence (une Zipp 303 Firecrest), à partir de près de 200 configurations simulées en CFD puis validées en soufflerie, et 20% d’inertie de rotation en moins qu’une roue carbone à rayons classiques, la masse étant concentrée vers le moyeu. Je n’ai aucun moyen de vérifier le premier chiffre sur le terrain. Le second, en revanche, se ressent très nettement, et pas toujours dans le sens qu’on imagine. J’y reviens plus bas.

Essais en soufflerie des roues Syncros Capital SL
Les Capital SL ont été développées en CFD puis validées en soufflerie. (Image : Syncros)

Ce que la marque met beaucoup moins en avant, c’est le revers de la médaille. Une roue monobloc ne se dévoile pas, ne se redresse pas et ne se rerayonne pas. Un rayon cassé peut condamner la roue entière, là où une roue classique se répare pour quelques dizaines d’euros. Le risque n’est pas nul, et c’est la principale réserve que l’on peut émettre sur le concept. Syncros répond par une garantie de 2 ans et un programme de remplacement après chute, que je détaille dans le bilan.

Sur la route

Montage tubeless et premier roulage

Jante sans crochets oblige, le choix du pneu n’est pas libre : Syncros publie une liste de pneus homologués et impose une pression maximale de 5 bars. Une fois cette contrainte respectée, le montage tubeless est d’une simplicité exemplaire. Les Pro One 30mm se sont mis en place sans forcer et ont claqué sans la moindre difficulté. Rien à signaler, et c’est exactement ce qu’on attend d’une roue à ce prix.

Valve tubeless Syncros Capital SL 40 jante carbone sans crochets
Montage ici avec les chambres TPU Schwalbe Aerothan

J’ai d’abord roulé avec des chambres TPU Aerothan, avant de passer en tubeless. Le choix n’est pas anodin sur ces roues : les chambres TPU accentuent nettement l’inconfort et les vibrations. Et elles m’ont valu un désagrément inattendu : des décharges d’électricité statique à répétition. Peut-être une sensibilité personnelle, mais ultra désagréable à la longue. Le passage au tubeless améliore le confort, sans pour autant tout régler.

Comportement sur le plat et inertie

Les premiers kilomètres sur le plat sont franchement déroutants. On n’a pas l’impression de retrouver l’inertie ressentie avec d’autres roues de ce profil. Les Capital SL sont silencieuses dans le vent : aucune résonance de jante par vent latéral, aucun souffle. Le seul bruit vient de la roue libre. Résultat : ni l’impression, ni la sensation de vitesse que procurent habituellement des roues de 40 à 45mm. C’est le revers de cette masse concentrée vers le moyeu : moins d’inertie de rotation, c’est aussi moins de vitesse « emmagasinée » quand on roule à allure modérée. Sur ce terrain, j’adorais le son et la sensation des Newmen Streem Allround Vonoa, ce léger sifflement des rayons et cette impression de défilé. Je ne les retrouve pas ici.

Tout change quand on commence à rouler intensément. Entre 40 et 50km/h, ces roues prennent vie. Leur rigidité apporte le dynamisme nécessaire pour relancer l’allure, et chaque accélération se traduit immédiatement en vitesse. C’est vraiment à ces allures que l’on prend du plaisir avec les Capital SL sur le plat. En dessous, elles ne font rien de mal, mais elles ne procurent pas ce « défilé » facile que l’on trouve sur des roues plus inertes.

Relance et comportement en montée

Évidemment, dès que la route s’élève, les Capital SL se mettent à jouer. Toutes les qualités entrevues sur le plat prennent leur sens : légèreté, rigidité, vivacité. Les relances en danseuse sont tranchantes, le vélo répond immédiatement, et les sensations sont fantastiques. J’y ai retrouvé la rigidité des Corima MCC 45, avec peut-être encore plus de dynamisme. C’est dans les cols du Vercors que j’ai le mieux compris la philosophie de ces roues.

Il y a toutefois une condition : il faut être en forme. Ces roues récompensent l’engagement. Mais quand tout est réuni, c’est un vrai plaisir de rouler avec. Légères et vives, elles sont un gros atout dans la chasse aux KOM.

Comportement en descente

Rien à signaler en descente, et c’est un compliment. Le comportement est sain et prévisible, la roue se contrôle bien. Le profil relativement bas de 40mm les rend rassurantes à haute vitesse, même avec du vent : on n’est jamais surpris par une rafale.

Confort et filtration

On prête volontiers aux rayons carbone légèrement courbés un effet « lame de ressort », qui rendrait ces roues plus confortables que leur construction ne le laisse supposer. Ce n’est pas mon expérience. C’est clairement le point faible des Capital SL : leur rigidité les rend inconfortables. Trop de vibrations remontent jusqu’au cycliste, en particulier sur les routes rugueuses, et ni les 30mm de section, ni le passage en tubeless ne suffisent à compenser.

Sur une sortie ponctuelle, on l’accepte volontiers en échange de la vivacité. Mais au quotidien, cette sécheresse gâche un peu l’expérience, et je crains qu’elle ne devienne décevante sur le long terme pour qui roule beaucoup sur des revêtements dégradés.

Roue libre

Moyeu arrière Syncros Capital SL 40 DT Swiss 240 EXP corps SRAM XDR
À l’arrière, une mécanique DT Swiss 240 Ratchet EXP logée dans un corps de moyeu spécifique.

Mécanique DT Swiss oblige, le son est très proche de celui des moyeux de la marque suisse. Ça hurle, et très fort. Beaucoup y voient un défaut, certains le jugent même grinçant. Je fais partie de ceux qui adorent. Attention aux oreilles sensibles, mais en ville ou sur piste cyclable, c’est un avertisseur bien utile pour signaler son arrivée. Jugez plutôt :

Le son de la roue libre DT Swiss Ratchet EXP des Syncros Capital SL 40, enregistré en roue libre.

Le choix du moyeu mérite d’ailleurs un commentaire. Monter des mécaniques DT Swiss 240 sur une paire à 4000€ peut étonner. Avec le 240, Syncros s’assure une fiabilité optimale et un entretien connu de tous les ateliers, mais le choix reste très conservateur et classique à ce niveau de prix. On retrouve logiquement les roulements acier habituels de la marque. Décevant sur le papier pour un tel tarif, même si l’on sait le peu d’utilité réelle des roulements céramique sur la route.

Bilan du test Syncros Capital SL 40

Au terme de ces 2000km, le bilan est contrasté. Les Capital SL 40 excellent là où on les attend : fabrication, légèreté, réactivité. Dès que la pente s’en mêle ou que l’allure dépasse 40km/h, elles procurent des sensations fantastiques. Mais elles le font payer en confort, et elles ne procurent pas cette sensation de vitesse facile sur le plat à allure modérée.

Reste la question du prix, et elle pèse lourd. À 3999,80€ la paire, on achète une roue qu’on ne pourra pas réparer en cas de rayon cassé. Le programme de remplacement après chute de Syncros est réservé au premier propriétaire, sur 3 ans, et passe par un revendeur agréé : il offre une remise de 50% sur le prix public la première année, 30% la deuxième et 20% la troisième. Concrètement, sur la base du prix public de la roue avant (1799,90€), une chute la deuxième année vous coûte encore environ 1260€ pour la seule roue avant. On peut vite se retrouver très perdant sur l’affaire. D’où une note de rapport qualité/prix limitée à 5/10, malgré une finition qui justifie à elle seule une bonne partie du tarif.

Ces roues ont du sens pour le grimpeur en forme, qui roule sur de bons revêtements et cherche la légèreté et la vivacité maximales pour ses jours de performance. Elles en ont beaucoup moins pour le cycliste qui veut une paire unique pour rouler au quotidien sur tous les revêtements, ou qui n’est pas prêt à assumer le risque d’une roue irréparable. Pour ceux-là, la gamme Capital 1.0s, dont les rayons acier se remplacent, est une alternative plus raisonnable.

Caractéristiques techniques

ModèleSyncros Capital SL 40 (réf. 421130 AV / 421131 AR)
Profil40mm
Poids1170g annoncés la paire (540g AV / 630g AR) / 1202g mesurés avec valves
ConstructionCarbone monobloc MWS (Monocoque Wheel System) : jante, rayons et flasques moulés en une pièce, carbone Toray T1000 / M40
Rayons16 AV / 16 AR, carbone, croisés 1 fois et liés à l’intersection, sans écrou
JantesCarbone sans crochets, Tubeless Ready, pneus homologués uniquement
Largeur interne25mm
Section de pneu29 à 50mm
Pression1,4 à 5 bars
MoyeuxDT Swiss 240 EXP custom, roue libre Ratchet EXP
Corps de cassetteShimano HG ou SRAM XDR
RoulementsAcier (DT Swiss 240)
FreinageDisque Centerlock
AxesAvant 12x100mm / Arrière 12x142mm
Poids max système120kg
Garantie2 ans + remplacement après chute 3 ans (premier propriétaire, remise de 50% / 30% / 20%)
Accessoires fournisHousse de roue, valves tubeless 60mm
Prix3999,80€ la paire

FAQ

Quel est le poids réel des Syncros Capital SL 40 ?

Posée sur la balance, la paire affiche 1202g valves tubeless comprises, pour 1170g annoncés par Syncros (540g pour l’avant, 630g pour l’arrière). L’écart de 32g s’explique en bonne partie par les valves.

Les Syncros Capital SL 40 sont-elles confortables ?

C’est leur point faible. Leur rigidité transmet beaucoup de vibrations, en particulier sur les routes rugueuses, même en pneus de 30mm gonflés entre 3,5 et 4 bars et en tubeless. Les chambres TPU accentuent encore l’inconfort.

Pour quel cycliste sont faites les Syncros Capital SL 40 ?

Pour le grimpeur en forme, qui roule sur de bons revêtements et cherche la légèreté et la vivacité maximales pour ses jours de performance. Elles conviennent moins à un usage quotidien sur des routes dégradées, ou à qui n’accepte pas le risque d’une roue irréparable.

Peut-on réparer une roue Syncros Capital SL en cas de rayon cassé ?

Non, pas au sens classique. La roue étant moulée d’une seule pièce, un rayon ne se remplace pas. Syncros propose un programme de remplacement après chute de 3 ans pour le premier propriétaire (50%, 30% puis 20% de remise sur le prix public) et oriente les réparations limitées vers un réseau d’ateliers agréés.

Quels pneus monter sur les Syncros Capital SL 40 ?

Les jantes sont sans crochets, avec 25mm de largeur interne : seuls les pneus tubeless homologués par Syncros sont autorisés, avec une pression maximale de 5 bars. Le pneu de référence est le Schwalbe Pro One Aero en 28mm, développé avec Syncros en version avant et arrière spécifiques.

Quelle différence entre Capital SL 40 et Capital SL Aero 60 ?

Les deux partagent la construction monobloc et les moyeux DT Swiss 240 EXP. La SL Aero passe à 60mm de profil, avec 23mm de largeur interne à l’avant et 25mm à l’arrière, pour 1290g annoncés la paire et 4199,80€ au lancement.

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